This is a discussion on Rencontre avec Lucien Lapasin, un BA engagé ! - Solaris Rss ; Lucien Lapasin est administrateur de Novaris Equity , une sociétéd'investissement de business angels et Vice- Pr ésident de VAL'Angels , une association de business angels du Val-de-Marne. BonjourLucien. Vous êtes administrateur de Novaris Equity, une SIBA.C'est quoi, une SIBA ? ...
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Lucien Lapasin est administrateur de Novaris Equity, une sociétéd'investissement de business angels et Vice-Président deVAL'Angels, une association de business angels du Val-de-Marne.
BonjourLucien. Vous êtes administrateur de Novaris Equity, une SIBA.C'est quoi, une SIBA ?
UneSIBA est une Société d'Investissement de BusinessAngels. Cette structure ? une SAS - rassemble des business angelsindividuels qui cherchent à investir collectivement enmutualisant leurs moyens dans des entreprises pour accélérerleur développement. Une SIBA regroupe des actionnaires.Certains business angels débutants, avant de rentrer dans une SIBA,souhaitent bien comprendre tout l?écosystème par uneadhésion à une association. Ainsi parallèlement,une association a été créée, VAL'Angels, soutenue par l?Agence du Développement Economique du Val-de-Marne qui souhaitait se doter d'une véritable structure pouraccompagner le financement des jeunes entreprises du département.
VAL?Angelscréée en 2008 (une cinquantaine de membres) accueilletous les BA qui souhaitent s'impliquer dans cette démarche etdécouvrir l'activité de financement de l'innovation.Créée en 2008, Novaris Equity compte aujourd'hui 35actionnaires, et une cinquantaine est prévue à mi-2010.Elle a effectué 6 investissements jusqu'à présent,et son objectif est de participer au développement d'unequinzaine de projets sur la durée de vie de la SIBA (8 ans).La souscription est ouverte jusqu'à juin 2011.
Quelest l'intérêt d'une SIBA pour les entrepreneurs ?
Pourles entrepreneurs, c'est la possibilité d'obtenir desfinancements plus importants que s'ils s'adressaient à desbusiness angels, un par un, et c'est aussi un moyen de mettre enplace, par un pacte d?actionnaire adapté, un actionnariatréduit mais beaucoup plus efficace dans la gouvernance et ledéveloppement.
LesSIBA permettent également de combler efficacement le fameux"equity gap", c'est-à-dire le "trou d'air"entre le love money (quelques dizaines de milliers d'euros pour lacréation ) et le venture capital (quelques millions d'eurospour le développement). Pour prendre une image, je dirais queles BA sont les "accoucheurs" des projets d'entreprisealors que les VCs sont les éleveurs. Les BA jouent un rôlestratégique pour faire grandir le "bébé"dans de bonnes conditions depuis sa naissance et pendant sespremières années de vie, là où l'avenirse détermine et où l?entreprise acquiert sa valeur.
Etpour les business angels ?
Pourles BA, outre les avantages fiscaux attachés à ce typed'investissement (IRPP et ISF) , c'est la possibilité debénéficier d?un « deal flow »plus important sur des projets présélectionnés,de mutualiser leurs fonds et de limiter leurs risques en répartissantleurs mises sur plusieurs dossiers dans des placements diversifiéset équilibrés. A titre d'exemple, Novaris Equitys'intéresse au secteur des TIC, mais aussi aux services (àla personne et aux entreprises) ou encore à la santé ouà l'énergie. Cependant, être investisseur au seind'une SIBA laisse toute possibilité d'investir à titrepersonnel, ce qui offre le maximum de souplesse dans ses choix. Nousvoyons ainsi régulièrement des dossiers où despersonnes physiques investissent à la fois au travers d'uneSIBA et à titre personnel. C?est le cas de certainsinvestissements réalisés par Novaris Equity; l'effet delevier de la SIBA joue ainsi à plein.
Quellessont les tendances du financement par les business angels aujourd'hui?
Lapremière grande tendance que je constate, c'est lastructuration et la professionnalisation de cette activitédepuis 2 ou 3 ans. L'investisseur individuel fortuné qui metun ticket de plusieurs centaines de milliers d'euros dans un projetexiste toujours, mais les petits investisseurs se regroupent de plusen plus pour industrialiser leur approche et avoir un impact plusimportant dans le développement des entreprises qu'ilsaccompagnent. Les SIBA adoptent désormais les mêmesoutils et les mêmes processus que les VCs. Elles montent descomités d'investissement très professionnels et fontappel aux meilleurs experts pour évaluer le potentiel et lerisque associés à chaque dossier. De fait, les VCsvoient aujourd'hui d'un très bon oeil la présence de BAdans une startup, car c'est le signe pour eux que la sociétéfait déjà l'objet d'une attention soutenue et que lesrisques de gros investissements sont ainsi plus limités.
Ladeuxième grande tendance, c'est l'implication de plus en plusimportante des seniors dans l'accompagnement des jeunes pousses, unvivier à mieux exploiter. De nombreux chefs d'entreprise oucadres dirigeants qui ont cessé leur activité seprennent au jeu et, si investir dans une SIBA est un moyen efficacepour eux de réduire leurs impôts, ce n'est pas lamotivation principale de leur engagement. Ce qui motive véritablementles BA, c'est la possibilité qui leur est offerte d'aider lajeune génération à réussir dans lacréation et le développement d'entreprise par unaccompagnement adapté. Il n'y a pas de plus grandesatisfaction pour un patron ou ex-patron qui a réussi que departager son savoir-faire et, en quelque sorte, de connaîtreune seconde réussite "par procuration".
Quedoivent faire les entrepreneurs pour séduire les businessangels ?
Faceà des BA de plus en plus professionnels, les entrepreneursdoivent se montrer à la hauteur, et il faut reconnaîtrequ'ils ont encore des efforts à faire, notamment dans lapartie business. Nous recevons encore trop souvent des dossiers quiproposent des technologies très innovantes, mais qui neparlent pas du marché ou des marchés adressés.J'estime que 70% des dossiers que je vois passer manquent dedimension économique. Pour les hommes d'affaires que sont lesBA, avec une perspective de sortie à terme, ce qui compteavant tout, c'est de comprendre comment les porteurs de projet vontcréer et développer du business.
Lesquestions fondamentales auxquelles les entrepreneurs doivent répondreclairement, que ce soit en 5 minutes ou en 50 minutes, c'est :
Aufinal, les BA veulent comprendre s'il y a une réalitééconomique au projet ou non et si l'équipe va tenir lechoc. Un bon projet, c'est à 50% un bon business et à50% une bonne équipe, et pour détruire une légendequi court sur le milieu du financement, je peux vous dire qu'un bonprojet n'a pas de problème pour être financé pardes fonds privés venant de BA en co-investissement et desfonds publics. Ce qui veut dire à l'inverse que si le projetne trouve pas de financement, c'est que l'entrepreneur doit se posersérieusement des questions sur la solidité ou lalégitimité de sa démarche.
- quelle est l'offre et quel est son avantage concurrentiel ?
- à qui s'adresse-t-elle?
- quelle est la cible ? Qui est prêt à payer et combien ?
- quel est le modèle économique et le business plan correspondant ?
- quelle est la création de valeur et à quelle échéance ?
- quel est "l'ancrage" (la légitimité) des porteurs de projet par rapport au marché visé ?
Quelsconseils donneriez-vous à un entrepreneur qui veut lever desfonds ?
Montrerqu'il est un vrai businessman et qu'il s'est posé les bonnesquestions pour mettre tous les atouts de son côté :
Il n'y a pas de miracle : face à des pros, il faut se montrerpro. C'est la seule mesure valable dans le monde des affaires.
- quel est le marché que l'on veut adresser, pour y faire quoiet dans quelles conditions ?
- l'offre est-elle en adéquation par rapport à cemarché et à ses besoins ?
- que faut-il faire pour préparer son arrivée etcommercialiser l'offre sur le marché ?
- quelle intelligence, quelle équipe dois-je rassembler autour de moipour maximiser mes chances de réussite ?
- quels sont mes vrais besoins de financement (ni trop ni trop peu),et sur quelle base de valorisation ?
Merci Lucien et bon courage pour la suite !
Si vous voulez en savoir plus sur Novaris et VAL'Angels, envoyez un email à llapasin@novaris.fr
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